Jeudi 29 septembre 2005
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Clint Eastwood
Incarnation parfaite du lonesome cowboy pour les uns, créateur du dirty flic pour les autres, Clint Eastwood est une légende du cinéma à part entière. Son parcours atypique, sa carrière qui n'a cessée de surprendre, sa silhouette reconnaissable parmi des milliers et son charisme défiant toutes lois ont fait de lui un acteur-réalisateur-producteur-compositeur hors normes.
UNE EPREUVE DE FORCE
Clint Eastwood est né le 30 mai 1930 à San Francisco, dans une famille d'ouvriers toujours sur la brèche, parcourant la Californie à la recherche de petits boulots plus ou moins conséquents. C'est donc sans surprise que le jeune Clint abandonne très tôt ses études pour apporter de l'eau au moulin familial, se réfugiant à ses heures perdues dans la musique et le cinéma. Clint est un rêveur. A l'âge de 24 ans, il décide de partir vers Hollywood pour s'essayer au septième art. Ses débuts devant la caméra sont catastrophiques, il ne sait pas aligner deux phrases correctement. Il prend alors des cours de théâtre, fait de la gym et se présente à des auditions. En 1955 son acharnement finit par payer. Il signe un petit contrat d’un an avec les studios Universal, qui lui dégotent des seconds rôles perdus dans l'ombre, dans des films de séries B comme La Revanche de la créature ou Tarantula. Mais l’expérience ne sera pas renouvelée et un an plus tard, Clint se retrouve au point de départ, dans les files d'attente des castings hollywoodiens. Il décroche de temps en temps quelques petits rôles dans des séries télé, puis se sent pousser des ailes lorsqu'on lui propose des personnages de premier plan pour The First Traveling Saleslady (1956), C’est la guerre et Ambush at Cimarron Pass (1958). Mais il déchante vite. Le premier est un bide monumental, sa prestation dans le second se trouve en réalité réduite à quelques répliques, quant au western de série B qu'est le troisième, son scénario et sa réalisation sont si mauvais que Clint est à deux doigts de tout laisser tomber.
En 1959, alors que Clint Eastwood rend visite à un ami au siège de la CBS, il rencontre au détour d'un couloir Charles Marquis Warren - scénariste, réalisateur et producteur de séries télé - qui après un rapide coup d'œil sur sa silhouette élancée lui propose de jouer dans sa nouvelle série western. A cette époque, la grande tendance télévisuelle est à ce genre qui vient de faire ses preuves sur grand écran, et la CBS - qui compte produire son propre show - voit en Clint l’incarnation de l’idée qu'ils se font du cowboy solitaire. Un physique atypique et marquant, un visage de beau gosse éclairé par un regard énigmatique: leur héros est là. C'est ainsi que dès janvier 1959, Clint Eastwood devient Rowdy Yates pour la série Rawhide, et ce pour six longues années. Le show est un énorme succès aux Etats-Unis et s'exporte plutôt bien dans le reste du monde. Mais la vedette a déjà plus de 30 ans et commence à se lasser de son rôle de gentil, qu’il juge justement trop gentil, de jeune bellâtre trop poli, de semi adolescent trop lisse. En 1964, plein de frustration, il accepte de se rendre en Espagne pendant la pause au milieu du tournage de la cinquième saison, pour jouer le premier rôle d'un western à petit budget réalisé par un Italien inconnu qui l’a repéré dans la série. Pour une poignée de dollars (une adaptation au farwest de Yojimbo, de Kurosawa, à l’époque intitulé L’Etranger magnifique) semble dénué de tout prestige mais lui permet d’interpréter un personnage tout à fait nouveau, plus proche de ses aspirations: un rôle plus adulte, un étranger énigmatique, peu bavard et à la moralité ambiguë.
L’INCONNU VENU DE L’OUEST
Clint Eastwood est tombé dans le western sans vraiment le vouloir. Celui dont le simple nom est pour beaucoup synonyme de "cowboy" (voir la référence dans Retour vers le futur 3) ne s'est jamais considéré comme tel. Pourtant les faits sont là. L'esprit de l’aventurier de l’ouest jalonne sa carrière de part en part: premiers rôles (The first Travelling Saleslady et Ambush at Cimarron Pass), première renommée (Rawhide), débuts de star internationale (la trilogie des dollars de Sergio Leone), première production (Pendons-les haut et court), premier oscar (Impitoyable). Ce parcours semble ironique de la part d'un acteur qui pensait que le western était un genre mort, comme un mythe poétique trop usé et englué dans sa morale simpliste. C'est ainsi qu'en rentrant d'Espagne en 1964, sa première réaction est d'oublier complètement le tournage qu'il vient de terminer avec Sergio Leone, ne croyant en aucun cas à la possible évolution de ce genre décadent. Et pourtant… A la fin de l'année 1964, il découvre que le film rebaptisé Pour une poignée de dollars est un immense succès en Europe et que les producteurs sont en pourparler pour l'exporter en Amérique. Le côté noir et équivoque qui lui avait tant plu dans le style même de Leone semble faire des émules. L'année suivante, lorsque le réalisateur le contacte pour interpréter un personnage proche de celui de l'homme sans nom pour un nouveau projet de western, Clint accepte immédiatement et quitte définitivement Rawhide. …Et pour quelque dollars de plus est un indéniable succès international, mais ce sera le troisième volet du triptyque des dollars Le Bon, la brute et le truand qui achèvera la renommée mondiale du duo Eastwood-Leone. Dans tous les esprits, Eastwood est Blondin, ce "bon" énigmatique, aussi brute et truand que ses deux comparses.
Refusant de faire un caméo aux côtés de Lee Van Cleef et Eli Wallach pour le rôle de l’un des trois tueurs de la gare dans Il était une fois dans l'Ouest, l’acteur clôt en 1968 sa collaboration avec Sergio Leone, mais n'en délaisse pas pour autant le western, bien au contraire. La même année on le retrouve à l'affiche du très bon Pendons-les haut et court qu'il produit lui même sous le nom de Malpaso Productions. Il devient ainsi la seule personne capable de faire perdurer ce genre. Neuf films (dont trois westerns) et cinq ans plus tard, il réalise son premier métrage du genre - L'Homme des hautes plaines - dans lequel on retrouve les traces laissées par son travail avec Leone. Il y incarne un cowboy venu de nulle part pour rétablir la justice dans une petite ville de l'ouest. Le film est un petit bijou d'ambiguïté et fait l'unanimité des spectateurs. Eastwood continue sur sa lancée. En 1976, il est aux commandes de Josey Wales hors-la-loi, dont la violence sera sujette à controverse. Neuf ans plus tard, c’est le mystérieux et mystique Pale Rider qui s’impose dans le paysage cinématographique comme l’un des seuls westerns intéressants des années 80. Enfin, il viendra clore cette période en apothéose en 1992 avec le fabuleux Impitoyable. Ce dernier, ultime western à plus d’un titre, est un drame sombre mettant en scène un cowboy vieillissant qui ne trouvera la rédemption qu'en affrontant son passé, ses démons. Une sorte de retour de l’acteur-réalisateur sur sa propre carrière, sur ses propres excès et phases sombres, une façon de révéler et de s'avouer que cette époque du justicier inconnu venu de l'ouest est belle et bien révolue.
DIRTY FLIC
Si Clint Eastwood a gagné ses galons de star grâce aux westerns, c'est avec les rôles de policiers à gros bras qu'il est passé au rang de légende. En 1971, il incarne Harry Callahan dans L'Inspecteur Harry de Don Siegel, un personnage qui trouvait déjà les prémisses de son caractère dans leur première collaboration, Un shérif à New York, réalisé deux ans plus tôt. En l'espace d'une seule scène aux répliques devenues anthologiques ("I know what you're thinking. Did he fire on six shots or only five?") Clint Eastwood se transforme en superstar. Un nouveau genre est né: le film d’action policier violent au héros froid et cynique. Harry Callahan est un inspecteur de San Francisco aux méthodes expéditives, qui traque les tueurs tout en menant sa propre bataille au sein du système judiciaire américain qu’il juge inefficient. L’acteur s’approprie totalement le personnage, la réalisation de Don Siegel est parfaitement rythmée et adéquate, le thème musical écrit par Lalo Schifrin devient culte, le film est un énorme succès public. Coiffant de nouveau sa casquette de producteur désormais expérimenté (déjà neuf films à son actif), Clint Eastwood décide alors de faire revenir l’inspecteur dans quatre nouvelles aventures: Magnum Force (1973) de Ted Post (réalisateur sur la série Rawhide et de Pendons-les haut et court), L'Inspecteur ne renonce jamais (1976) de James Fargo (qu’il retrouvera deux ans plus tard pour Doux, dur et dingue), Le Retour de l'inspecteur Harry (1983), qu’il réalise lui-même et enfin La Dernière cible (1988) de Buddy Van Horn (avec qui il avait travaillé pour Ça va cogner et qu’il retrouvera l’année suivante pour Pink Cadillac).
Cependant, même si le public semble friand de ce style de films, les critiques se montrent acerbes. Une polémique va naître autour du célèbre inspecteur. Le côté macho et brutal, voire un peu raciste, du personnage d'Harry Callahan va amener la journaliste Pauline Kael à taxer le film de fasciste. Au-delà même du rôle qu’il interprète, elle considère Clint Eastwood comme la représentation d'une forme d'extrême droite qui prône la violence et le non-respect d'autrui. L’acteur serait-il une brute réactionnaire adepte de l’autodéfense? Pour lui, bien au contraire. Le fait que Harry Callahan se place en contrepoint à la bureaucratie et aux cols bleus qui ne sont jamais sortis de leurs bureaux donne au film la forme d’un manifeste anti-fasciste montrant un homme libéral qui juge les faits et non les idéologies. Dès lors, il va systématiquement démentir toute trace d’idéologie politique que l’on prête à ses films, expliquant que ses œuvres sont apolitiques et que son intérêt réside dans la production et la réalisation de films qui puissent séduire le public. Tout en continuant à interpréter le rôle de Dirty Harry, Eastwood va s’appliquer à détourner ces accusions en se jouant de son image. Dès le deuxième volet de l’Inspecteur Harry, il se lance sur la trace de policiers qui se font justice eux-mêmes comme pour souligner qu’il réfute ces actions. Par la suite il va exploiter ce trait de caractère dans d'autres films du genre qu’il produit et/ou réalise comme L'Epreuve de force (1977) - aux côtés de sa partenaire de l'époque Sondra Locke - ou La Corde raide (réalisé par Richard Tuggle, 1984), et pour finir par en faire une sorte de parodie dans La Relève (1990), un buddy movie déjanté avec Charlie Sheen.

FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE:
2005 Million Dollar Baby
2004 Piano Blues
2003 Mystic River
2002 Créance de sang
2000 Space Cowboys
1999 Jugé Coupable
1997 Minuit dans le jardin du bien et du mal
1997 Les Plein pouvoirs
1995 Sur la route de Madison
1993 Un Monde parfait
1993 Dans la ligne de mire
1992 Impitoyable
1990 La Relève
1990 Chasseur blanc, coeur noir
1989 Pink Cadillac
1989 Bird
1988 La Dernière cible
1986 Le Maître de guerre
1985 Pale Rider
1984 La Corde raide
1984 Haut les flingues
1983 Le Retour de l'inspecteur Harry
1982 Honkytonk Man
1982 Firefox
1980 Ça va cogner
1980 Bronco Billy
1979 L'Evadé d'Alcatraz
1978 Doux, dur et dingue
1977 L'Epreuve de force
1976 L'Inspecteur ne renonce jamais
1976 Josey Wales hors-la-loi
1975 La Sanction
1974 Le Canardeur
1973 Magnum Force
1973 Breezy
1973 L'Homme des hautes plaines
1971 L'Inspecteur Harry
1971 Un Frisson dans la nuit
1969 Quand les aigles attaquent
1968 Pendons-les haut et court
1966 Le Bon, la brute et le truand
1965 … Et pour quelques dollars de plus
1964 Pour une poignée de dollars
1959 Rawhide Série TV
1958 Ambush at Cimarron Pass
1958 Lafayette Escadrille
1956 The First Traveling Saleslady
1955 Tarantula
1955 La Revanche de la créature
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Par Tolédano
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Publié dans : coursparticuliers
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Samedi 24 septembre 2005
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Je débute cette rubrique avec une émission decalée pour noctambules(il est 3:08).Regardez plutôt:
Format : 7 heures
Animation : Frédéric Bénudis et Miruna Coca-Cozma
Réalisation : Pascal Hendrick
Production : Tetramedia Point Prod.
Diffusion : le vendredi à 23:00 (câble, satellite et TNT) - rediffusion d'une séquence extraite de l'émission du lundi au jeudi à 23:00 (câble, satellite et TNT) dans "Toute la semaine, ensemble"
Chaque vendredi, pendant sept heures, France 5 ouvre en direct son antenne aux noctambules, insomniaques, travailleurs nocturnes et autres lève-tôt. Programme hebdomadaire, diffusé en direct, de 23:00 à 06:00 du matin, dans la nuit du vendredi au samedi, "Toute la nuit, ensemble" est un magazine co-animé par Frédéric Bénudis et Miruna Coca-Cozma.
En compagnie de cinq à six membres de leur tribu, les deux animateurs reçoivent et confrontent une personnalité et sa tribu avec celle des téléspectateurs, et proposent des rendez-vous divers et de nombreuses surprises.
Chaque heure possède sa tonalité bien précise, une couleur différente en fonction de la plage horaire. Les rubriques "Découverte", "Spectacles et humour", "L'intime", "L'étrange", "Le doc" et "Chassé-croisé" s'égrènent au fil de la nuit.
Mais ce rendez-vous des noctambules est également interactif, puisque, équipés de leur visiophone, téléphone (SMS, MMS), ordinateur (emails) ou webcam, les téléspectateurs ont la possibilité de s'exprimer et de réagir tout au long de la nuit, pour intervenir dans l'émission. Même le choix du documentaire se fait directement par le public !
Les grands rendez-vous :
De 23:00 à minuit : découverte de l'invité et de sa tribu. De minuit à 02:00 : Spectacles et humour. De 02:00 à 03:00 : L'intime. De 03:00 à 04:00 : L'étrange. De 04:00 à 05:00 : le documentaire. De 05:00 à 06:00 : chassé-croisé.
De plus, du lundi au jeudi, à 23:00, ceux qui n'ont pas eu la chance de voir l'émission dans son intégralité peuvent profiter d'une séance de rattrapage : chaque soir de la semaine, une séquence de "Toute la nuit, ensemble" est en effet rediffusée pendant une heure, dans le cadre d'un programme intitulé "Toute la semaine ensemble". Les téléspectateurs peuvent ainsi retrouver les séquences "Découverte", "Spectacles et humour" et "L'étrange".
Par Tolédano
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